Un témoignage 16 ans …


    R est une jeune fille de 16 ans qui s'est trouvée enceinte de 5 semaines.

    Elle vit seule avec sa mère. Désemparée face à la situation, elle se rend dans un organisme où on lui conseille de se faire avorter à l'insu de sa mère.

    Cette réponse ne l'apaise pas, elle appelle alors SOS Femmes Enceintes où on lui conseille d'en parler tout de même à sa mère.

    Elle lui propose surtout de réfléchir à l'acte irréversible qu'est l'avortement et à ses conséquences à terme.

    Les jours passent et R., ne peut se résoudre à avorter. Elle décide d'en parler à sa mère.

    Celle-ci est contrariée, même fâchée, bien sûr. Cependant, après réflexion, elle lui dit : « Si ton désir est de garder l'enfant, je te soutiendrai et nous ferons notre possible pour nous en occuper »...


Cette histoire nous invite à ne pas laisser les jeunes livrés à eux-mêmes en pareils cas, mais au contraire à les encourager à chercher le conseil de leurs parents et d'intervenants extérieurs. Et le copain dans cette histoire ? …


Un autre témoignage (en anglais)

Vidéo sur le syndrome post abortif


Témoignage d'Oksana


Je m'appelle Oksana, j'ai trente ans et je viens d'Ukraine.

J'avais un copain qui était le fils d'amis de mes grands-parents. J'aimais particulièrement le village où je l'ai connu : mes grands-mères m'y avaient élevée. J'avais de très bonnes relations avec ma mère. Je lui faisais confiance pour tout.

En 2004, je vivais encore chez mes parents. J'étais un peu fermée, repliée sur moi … Et je suis tombée enceinte.

Le copain travaillait loin. J'ai informé mes parents de ce qui m'arrivait. Catastrophée, ma mère m'a dit qu'il fallait avorter et ils commencèrent à organiser l'avortement. A un moment, mon père s'arrêta et il me demanda mon avis. J'aimais les enfants et n'avais rien contre celui-là mais ma mère répondit à ma place : « Tu me fais rire : tu ne sais même pas ce que c'est qu'un enfant ! » Cette phrase allait longtemps geler ma fibre maternelle.

J'ai téléphoné à mon copain. Il me disait : « Viens au village ! » Mais mes parents ne m'ont pas laissée y aller : « Qu'il vienne, lui ! »

Alors, on s'est rencontré à la gare. Il m'a dit qu'il n'était pas « encore prêt » à devenir papa. Il me demanda aussi si c'était son enfant …
L'avortement s'est déroulé très vite.

Exceptionnellement, je n'ai pas eu à marcher jusqu'à la ville : mes parents m'ont conduit avec l'auto. Ma mère attendait dans le couloir et m'avait prévenue : « Il (le médecin) va vouloir te convaincre de ne pas le faire ».

Jusqu'au bout, j'ai eu peur : j'allais perdre ma raison de vivre, le sens de la vie.
Après, j'en ai parlé à un ami français. Il m'a dit de nommer quand même l'enfant perdu, en manière de reconnaissance. Un an après, ma mère s'est douté de cette amitié et s'est fâchée : « Tu verras, il va te juger et te quitter ! » Puis, elle m'a dit qu'elle aussi avait avorté quand j'avais deux ou trois ans.

J'en ai été vivement frappée : j'avais toujours senti que quelque chose s'était passé …

En 2008, ma sœur accouche d'un fils. Cela me fait mal au cœur à cause de mon enfant perdu. Incompréhension de tous.

Heureusement qu'en 2007 je m'étais mariée avec l'ami français ... et vivais en France.

En 2009, j'y accouche d'une fille. Mes parents me manquaient. Très vite, l'histoire de mon avortement est ressortie.

J'écris alors à mes parents : « Pourquoi avez-vous décidé à ma place ? » Ceux-ci n'expriment pas de regrets. J'écris alors au père de l'enfant avorté et à sa famille.

Mes parents ne sont pas venus nous voir. Nous, on n'est pas allés chez eux.
En 2010, je tombe à nouveau enceinte ... à la même période qu'en 2004. Cela m'interpelle. « Tu penses encore à ça ? » s'étonne ma mère au téléphone.

A la onzième semaine, cette grossesse s'interrompt toute seule.

Quelques semaines après mes parents cessent de faire pression pour que nous venions chez eux. Je suis mal. Je me sens partagée.

Heureusement qu'il y a mon mari, notre fille et notre chien. Je n'avais pas imaginé le bonheur que c'est d'élever un enfant : c'est un miracle …

Avorter peut créer beaucoup de souffrances alors qu'on pense régler un problème.

Il est important de prendre soi-même les décisions.

Le père de l'enfant avorté est resté seul. Il ne revient même plus au village chez ses parents. Sa mère a répondu à ma lettre. Elle regrette. Elle souffre de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu m'aider. Quel bien m'a fait cette réponse !

Ma mère, je l'aime mais je me sens trahie. Rien n'est plus comme avant. Pourquoi ne nous avait-elle pas dit la vérité ? Mes chers grands-parents vieillissent seuls dans le cher village de mes origines. C'est eux qui me manquent le plus !